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GERMAN FIGHTING ELITE IN THE EAST - GEN 2 GEAR

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maquette figurine GERMAN FIGHTING ELITE IN THE EAST - GEN 2 GEAR DRAGON 6692 1/35ème

contient 4 figurines, 3 Waffen-SS et un officier de la Heer.

 

 

Waffen-SS
Emblème de la SS
Emblème de la SS

Période19391945
PaysAllemagne et autres pays d'Europe
AllégeanceDrapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
TypePanzer
Panzergrenadier
Cavalerie
Infanterie
Effectif1 200 000 personnes
Fait partie deSchutzstaffel
DeviseMeine Ehre heißt Treue (Mon honneur s’appelle fidélité)
GuerresSeconde Guerre mondiale
Commandant historiqueHeinrich Himmler

 

La Waffen-SS (littéralement « armée de l'escadron de protection ») fut la branche militaire de la Schutzstaffel (SS), dont elle constitua l'une des composantes les plus importantes avec l'Allgemeine SS, le Sicherheitsdienst (SD) et les SS-Totenkopfverbände.

Elle fut conçue à l'origine par Heinrich Himmler comme une armée politique, uniquement constituée de nationaux-socialistes convaincus, soumis à de sévères critères de sélection notamment basés sur les théories raciales nazies. Au fil du temps, et surtout à partir de la fin de l'année 1942, elle intégra des troupes de toutes origines, des Volksdeutsche (personnes d'origine germanique mais hors du Reich) et des malgré-nous Alsaciens et Mosellans dans une première phase, puis des personnes essentiellement issues des pays occupés, de la Belgique à l'Albanie, du Danemark à l'Ukraine, sans se soucier de leur éventuelle origine germanique. Ces unités non allemandes furent largement majoritaires à partir de 1944, avec près de 700 000 hommes sur un total de près d'un million de membres de la Waffen-SS pendant toute la durée du conflit. Avec des motivations diverses, allant de l'engagement nazi ou des convictions anticommunistes jusqu'aux conflits ethniques locaux, les unités étrangères de la Waffen-SS furent un appoint important aux opérations militaires allemandes.

Présentes sur tous les fronts de 1939 à 1945, à l'exception de l'Afrique du Nord, les unités de la Waffen-SS se révélèrent de qualité variable : nombre d'entre elles firent preuve d'une grande combativité, essentiellement sur le front de l'Est, à partir de 1943. Elles se singularisèrent par le nombre de leurs exactions et de leurs crimes sur tous leurs théâtres d'opérations.

 

Hitler passant en revue une formation de la Leibstandarte, Berlin, décembre 1935.

Dans les semaines qui suivent l'accession des nazis au pouvoir, la SS se dote de commandos armés, les Politische Bereitschaften1, notamment destinés à pourchasser les démocrates et à contrebalancer les troupes de la Sturmabteilung (SA).

« La Verfügungstruppe est organisée pour prendre part à la guerre et combattre sur les champs de bataille. En versant son sang sur le front, elle gagnera le droit moral d'abattre les lâches et les saboteurs de l'intérieur »

— Heinrich Himmler, 8 novembre 19382.

Après la Nuit des Longs Couteaux, dans laquelle ces unités servent d'exécutants, Adolf Hitler accepte, le 16 mars 19353,N 1 malgré les réticences de la Reichswehr, de les fondre en une seule unité, la Verfügungstruppe (VT), dépourvue d'unités de génie et d'artillerie.

De 1934 à 1939, les VT coexistent avec la garde rapprochée du Führer, la Leibstandarte Adolf Hitler, créée en 1933, forte d'une centaine d'hommes essentiellement issus de la SA et commandée par Sepp Dietrich. Cette garde prétorienne reçoit une formation militaire dispensée par le 9e régiment de la Reichswehr4.

Le troisième pilier de ce qui va devenir la Waffen-SS est constitué des SS-Totenkopfverbände chargées de la garde des camps de concentration et commandées par Theodor Eicke, l'assassin d'Ernst Röhm.

Par un décret du 17 août 1938, après la mise à l'écart du ministre de la guerre Werner von Blomberg, Hitler balaie les réticences de l'armée, accepte de doter la VT d'armes lourdes, d'augmenter ses troupes, notamment via l'incorporation d'une partie des membres des Totenkopfverbände et de l'élever au rang de division5. Le 18 mai 1939, il autorise Heinrich Himmler à verser dans la VT 50 000 hommes de l'Allgemeine SS : la Waffen-SS est née, même si cette appellation ne devient officielle que le 2 mars 19406.

À première vue, l'on peut s'étonner de la réponse favorable apportée à la demande d'Himmler et de la SS de se doter d'unités militaires : c'était précisément la demande d'Ernst Röhm et de la SA avant la Nuit des Longs Couteaux. Mais le contexte a changé : Hitler a assuré son pouvoir, notamment sur la Reichswehr qui n'a plus, comme en 1934, les moyens de s'opposer à lui, d'autant plus qu'il a débarrassé l'armée des ambitions de la SA ; la SS n'a pas la volonté d'influencer le programme et l'action du NSDAP et elle a donné à Hitler de sérieux gages de fidélité lors de la nuit des longs couteaux et de la Nuit de Cristal. Himmler, qui n'a pas le charisme de Röhm, est d'une fidélité absolue au Führer et ne peut en aucun cas être considéré comme un rival potentiel. De plus, grâce à l'action de Reinhard Heydrich, la SS a fait ses preuves dans la persécution des opposants, puis dans la mise en place et le peuplement des premiers camps de concentration.

Casquette de sous-officier d'infanterie de la Waffen-SS

En 1934, le lieutenant-général à la retraite de la Reichswehr, Paul Hausser, rejoint la SS, afin d'assurer une véritable formation militaire aux unités de la VT. Officier prussien traditionnel, élégant et cultivé, il n'a rien de commun avec les compagnons de brasserie bavarois, les voyous de la SA ou les nazis des premiers jours comme Sepp Dietrich. Il n'en met pas moins toutes ses compétences au service de la formation de la VT, future Waffen-SS7.

Hausser a pour objectif de doter la VT de toutes les compétences d'une unité militaire traditionnelle. Sa personnalité, la qualité de la formation dispensée dans les écoles militaires de Bad-Tölz et du château de Brunswick contribuent à attirer de nouveaux membres dans la VT.

Avec Felix Steiner, Hausser trouve à la fois un adjoint et un rival. Steiner ne partage en effet pas les conceptions classiques de Hausser et privilégie une formation plus originale, inspirée des commandos de choc de la Première Guerre mondiale, mettant l'accent sur le corps à corps, l'utilisation d'armes automatiques et de grenades7.

Quelles que soient les différences entre Hausser et Steiner, il est indéniable que les Waffen-SS reçoivent une excellente formation, au cours de laquelle sont organisées de nombreuses compétitions sportives afin de transformer les recrues en véritables athlètes, mais aussi de développer un esprit de groupe, entre soldats, et entre hommes du rang, sous-officiers et officiers8.

Le recrutement et la formation des futurs officiers rompent également avec les traditions militaires. Afin d'éviter le développement d'un esprit de caste, les futurs officiers doivent au moins servir deux ans dans le rang avant d'entrer dans la Junkerschule, école d'officiers de la Waffen SS.

Les recrues de la Waffen-SS et tout particulièrement leurs officiers reçoivent également une formation idéologique sur les lignes directrices et l'idéologie du parti, imprégnée d'un anticommunisme et d'un antisémitisme radicaux ; cet aspect de la formation suscite de fortes réticences de Hausser et Steiner, nazis convaincus qui veulent dispenser une formation militaire de haut niveau sans trop s'encombrer d'aspects politiques.

Si les Waffen-SS n'adhèrent pas en masse aux théories mystiques chères à Heinrich Himmler, ils sont nombreux à délaisser l'Église, à la plus grande satisfaction du Reichsführer.

« Ensuite, nous avons entrepris le plus important, la formation idéologique, dès le premier jour également. Nous n'avons absolument pas abordé la question religieuse chez les nombreux jeunes de Westphalie, de braves jeunes gens, catholiques, de bonne race, mais infiniment calotins. Dans ces deux divisions, j'ai expressément autorisé tous ceux qui le voulaient à aller à l'église [...] L'effet a été de premier ordre : six semaines après, aucun n'y allait plus. »

— Heinrich Himmler devant les Reichsleiter et Gauleiter, Posen, 6 octobre 19439.

En dehors de cette formation, le caractère politique de la Waffen-SS, qui fait de ses soldats des nazis fanatiques qui ne discutent jamais un ordre, découle du fait que la majorité de ses recrues et spécialement de ses officiers sont des volontaires et des nazis convaincus avant d'entrer dans la Waffen-SS. C'est d'ailleurs à ces jeunes officiers qu'Himmler confie la mission de veiller à l'éducation politique, à l'endoctrinement de leurs hommes

À l'origine, les critères de recrutement définis par Heinrich Himmler pour la Waffen-SS comme pour la SS sont particulièrement sévères et traduisent sa volonté de n'accueillir que l'« élite germanique ».

« Ne succombons jamais à la folie du nombre. Si nous maintenons nos exigences actuelles -nous les maintiendrons et les rendrons encore plus sévères-, nous pourrons utiliser au plus 10 % de la jeunesse allemande. Ne fléchissez jamais, je vous en prie, ni pour les conditions d'admission ni pour l'admission elle-même, même si parfois vous n'avez pas autant de candidats et d'aspirants que vous le souhaiteriez. »

— Heinrich Himmler devant des généraux SS, 8 novembre 193710.

Pour être admis, les candidats doivent prouver leur « qualité raciale », cotée selon une échelle de cinq degrés, leur ascendance aryenne depuis 1800 pour les hommes du rang et 1750 pour les officiers, l'absence dans leur famille de maladies mentales ou héréditaires11.

Ils doivent être âgés de moins de vingt-trois ans, mesurer 1,74 m ou plus, ne pas porter de lunettes, passer des tests sportifs très poussés et un test d'intelligence réduit à sa plus simple expression12. Ils doivent aussi et surtout prouver leur engagement nazi sans faille.

Les membres de la Waffen-SS sont essentiellement issus des campagnes et de familles sans tradition militaire. 90 % des officiers de la Waffen-SS sont d'origine paysanne, contre 2 % dans la Reichswehr, 5 % proviennent de familles où l'on est militaire de père en fils, contre 49 % dans la Reichswehr13.

Ces critères connaissent un premier assouplissement dès la fin de l'année 1938 ; au fur et à mesure de l'augmentation des effectifs de la Waffen-SS, de l'incorporation d'unités non allemandes, ils se diluent peu à peu, puis disparaissent complètement. En effet, dès 1940, les SS cantonnés en Pologne mènent une politique de recrutement de Volksdeutsche, non germanophones pour certains d'entre eux, envoyés peupler le Gouvernement Général selon les termes des échanges de population de 194014. Au fil du conflit, des volontaires de toutes nationalités se présentent: nécessité faisant loi, ils sont enrôlés et encadrés dans leur langue par des Volksdeutsche ou des officiers allemands14.

Theodor Eicke, 1er commandant de la 3e Panzerdivision SS Totenkopf.

Peu après l'arrivée de Hausser, la VT s'agrandit via la création du 1er Régiment SS « Deutschland » à Munich et du 2e Régiment « Germania » à Hambourg. Après l’Anschluss, se crée le 3e Régiment SS, Der Führer, composé de nazis autrichiens. Ces trois régiments sont regroupés en octobre 1939 pour constituer la SS Division Verfügunstruppe, la future 2e Panzerdivision SS Das Reich.

La Leibstandarte, garde personnelle de Hitler, est transformée en régiment motorisé mais conserve au travers de détachements, sa mission traditionnelle de protection du Führer. Elle est ensuite elle aussi transformée en division, la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler.

Sous l'impulsion de Gottlob Berger, lieutenant au cours de la Première Guerre mondiale, nazi fanatique et homme de confiance d'Himmler, responsable du SS-Hauptamt sous l'autorité directe du Reichsführer SS, la VT se transforme en Waffen-SS et débute sa réelle expansion. Dans un premier temps, Berger ouvre des bureaux de recrutement dans tout le Reich, ce qui suscite des conflits avec les responsables locaux de l'Allgemeine-SS, qui veulent garder leurs hommes sous leur seule autorité15. En 1938, il recrute 32 000 nouvelles recrues en huit mois, en 1940, près de 50 00016. Malgré l'importance de son rôle de recruteur, Berger ne sera jamais apprécié par les généraux de la Waffen-SS17.

Aux 56 000 hommes de la VT fin 1936, s'ajoutent la 3e Panzerdivision SS Totenkopf, composée de gardiens des camps de concentration, puis la 4e division SS Polizei, issue des effectifs de l'Ordnungspolizei (ORPO).

Cette première expansion de la Waffen-SS est freinée par l'OKW18, dont le service central de recrutement doit donner son autorisation pour le recrutement de citoyens allemands. Hitler ne s'oppose pas à cette attitude du haut commandement de l'armée allemande, craignant sans doute de voir se diluer l'aspect politique de la Waffen-SS.

Un accord est cependant passé avec le haut commandement militaire et le chef du front allemand du travail, Robert Ley, pour dispenser du service du travail les jeunes de dix-huit à vingt ans qui s'engagent volontairement dans les Totenkopfverbände et les unités de police ou dans les unités combattantes de la SS19.

Puisque l'armée s'oppose au recrutement de citoyens allemands ou le limite, Berger tourne ses regards vers les Volksdeutschen, populations d'origine allemande ou germanique disséminées à travers l'Europe. Les premiers volontaires sont issus de Slovaquie : en janvier 1940, ils sont 109 à se présenter dont 58 sont acceptés20. De mars à mai 1942, 16 000 volontaires hongrois rejoignent la Waffen SS21. En 1943, les Volksdeutschen constituent le quart des troupes de la Waffen-SS, à la fin de la guerre, ils sont au nombre de 310 000. L'engagement dans la Waffen-SS leur permet d'obtenir immédiatement la nationalité allemande. Deplus, ces Volksdeutsche encadrent le plus souvent les unités Baltes, Slaves et turques formées à partir de 1943, par ailleurs sous-encadrées22

Des soldats de la 13e division SS Handschar en 1943.

Entre 1941 et 1944, la SS a recruté plus de 300 000 hommes en Europe: 200 000 en Europe de l'Est, 120 000 en Europe de l'Ouest23.

Ses efforts se concentrent ensuite vers les Pays-Bas (23edivision Nederland et 34e division Landstorm), la Belgique (27e division SS Langemarck et 28e division Wallonie), la France (Brigade Frankreich, 33e division Charlemagne), la Norvège et le Danemark (5e division WikingN 2 et 11e division Nordland). Après l'invasion de l'Union Soviétique, la Waffen-SS devient un patchwork de nationalités : on assiste à la création de divisions russes (29e et 30e divisions SS de grenadiers), bosniaque (13e division Handschar), croate (23e division Kama), ukrainienne (14e division Galicie), albanaise (21e division Skanderbeg) et hongroises (25e division Hunyadi, 26e division Gömbos-Hungaria).

À la fin de la guerre, les unités non allemandes représentent près de 70 % des effectifs de la Waffen-SS. De moins en moins germaniques, les troupes de la Waffen SS sont aussi de plus en plus jeunes : en septembre 1943, Gottlob Berger incorpore des recrues de dix-sept ans ; en 1944, il fait appel à la classe de 1928, c'est-à-dire à des jeunes de seize ans24, pour certains recrutés automatiquement à la sortie du Service du Travail14.

La progression du nombre d'hommes de la Waffen-SS est exponentielle : 100 000 hommes en juillet 1940, 220 000 fin 1941, 330 000 fin 1942, 540 000 fin 1943, 910 000 hommes fin 194425. Sur les 38 divisions, les deux tiers sont créés pendant les deux dernières années du conflit26 dont 15 après l'attentat manqué du 20 juillet 1944, Hitler se défiant de plus en plus de la Wehrmacht. Avec des effectifs, un équipement et un entraînement réduits, la plupart de ces divisions de création tardive ne joueront qu'un rôle mineur, voire inexistant.

Cette augmentation fait disparaître les critères de recrutement initiaux : à titre d'exemple, il est difficile aux musulmans bosniaques de la division Handschar ou aux Albanais de la division Skanderberg de prouver leur ascendance aryenne depuis 1800. Himmler s'attache cependant aussi à leur encadrement idéologique :

« Il y a un imam dans chaque bataillon. Mais c'est la seule division de ce genre. La prêtraille catholique ou autre n'existe pas chez moi. Dans ce cas, j'ai dans chaque bataillon un imam qui sert de directeur pour la formation idéologique auprès des Bosniaques et des Albanais. J'ai intérêt à ce qu'ils soient très croyants. »

— Heinrich Himmler devant les Reichsleiter et Gauleiter, Posen, 6 octobre 194327.

Cet élargissement du recrutement a aussi des conséquences sur la motivation des troupes et leur profil politique. Si l'incorporation à la Waffen-SS de 179 unités de l'Allgemeine SS, dont les états-majors et troupes de surveillance des camps de concentration ne diluent pas la politisation de la Waffen-SS, il en va bien autrement pour la majorité des recrues non-allemandes.

À partir de l'hiver 1943, les Volksdeutschen sont purement et simplement incorporés d'office dans la Waffen-SS. « À la fin de 1943 et au courant de 1944 », écrit Freddy Raphael28, « les chefs SS décidèrent, afin de combler les vides dans les rangs et de grossir leurs effectifs, de renoncer à l'engagement volontaire et de recruter des hommes par l'enrôlement ordinaire. En janvier et février 1944, les Alsaciens qui durent se présenter aux conseils de révision furent examinés par un médecin SS : ceux qui répondaient aux critères physiques furent versés, malgré eux, dans la SS »29. Une partie du personnel des divisions Hohenstaufen et Frundsberg est recrutée de force dans les camps de travail ; de nombreux volontaires étrangers se battent au nom de l'antibolchevisme, d'un nationalisme dévoyé, mais sans nécessairement adhérer à tous les aspects de l'idéologie nazie30 ; certains Baltes et Ukrainiens pensent que leur engagement leur permettra d'accéder à l'indépendance 31,32; certains autres Lettons, Lituaniens, Estoniens33 et Ukrainiens31,34,35, semblent également portés par l'antisémitisme : dans les jours qui suivent l'arrivée des troupes allemandes, certains habitants de ces régions participent aux progroms spontanés ou suscités par les Einsatzgruppen36 ou collaborent aux massacres commis par ceux-ci31,37 ; les Bosniaques de la Division Handschar espèrent le soutien de l'Allemagne dans leur lutte contre les Tchetniks serbes38.

La diversité des origines et des motivations des nouvelles recrues ne diminue en rien les atrocités commises par les unités de la Waffen-SS dont l'encadrement est en général composé de vétérans allemands fanatiques. Ainsi de nombreux Alsaciens-Mosellans des classes 1924 à 1926 furent enrôlés d'office dans la Waffen-SS et furent mêlés, le plus souvent malgré eux, à des atrocités, tel les massacres d'Oradour-sur-Glane ou de Tulle39. Mais cet aspect de la Waffen-SS est trop souvent occulté au profit de la légende d'un Ordre noir discipliné et politisé, d'une troupe d'élite dont, en réalité, de nombreuses unités furent inefficaces sur le front ou subirent des désertions en masse, comme la division Handschar.

Il faut aussi souligner la porosité, les échanges continus entre la Waffen-SS et le dispositif de concentration ou d'extermination : plus de 60 000 gardiens de camps sont incorporés aux unités combattantes de la Waffen-SS40 qui, à son tour, verse dans le personnel des camps des hommes n'étant plus capables de combattre ; une proportion importante des Einsatzgruppen est constituée à partir de membres de la Waffen-SS qui regagnent leurs unités d'origine à la fin de leur mission exterminatrice. À titre d'exemple, l'Einsatzgruppe A comporte lors de sa création 340 Waffen-SS sur ses 990 membres41.

Si le recrutement, les promotions et la formation idéologique des Waffen-SS relèvent uniquement de la SS, leur action sur le front dépend du haut commandement de l'armée allemande, l'OKW, et des responsables des théâtres d'opération. Sur le plan des opérations militaires. les divisions de la Waffen-SS n'ont aucune indépendance et leur marge de manœuvre est la même que celles des unités de la Wehrmacht.

 

Après avoir participé à l'Anschluss, puis à l'occupation des provinces sudètes42 de Tchécoslovaquie, cédées au Reich suite aux accords de Munich, la Waffen-SS entame ses opérations militaires en 1939.

Le 19 août 1939, les 18 000 membres de la Verfügungstruppe et 8 000 hommes des formations Totenkopf reçoivent leur ordre de mobilisation ; le 1er septembre, les régiments de la Verfügungstruppe, répartis dans quatre divisions de l'armée de terre, participent à la campagne de Pologne, les unités Totenkopf étant chargées d'opérations de nettoyage à l'arrière du front. Pour le général de la Wehrmacht, Johannes Blaskowitz, le régiment motorisé de la Leibstandarte Adolf Hitler est « une unité moyenne, encore inexpérimentée, [qui n'a] rien d'extraordinaire »43. Il proteste également contre les exactions des Totenkopf, qui massacrent des milliers de personnes ; « Les sentiments de la troupe envers la SS et la police oscillent entre la répulsion et la haine. Tous les soldats sont pris de dégoût et de répugnance devant les crimes commis en Pologne »43. Les militaires se plaignent par ailleurs que les soldats de la Leibstandarte mettent le feu aux villages polonais « par routine »43. Ces critiques ont une suite que n'attendaient pas leurs auteurs ; le 17 octobre 1939, Himmler obtient la promulgation d'un décret relatif à une juridiction spéciale en matière pénale pour les membres de la SS et de la police en mission spéciale : les membres de la Waffen-SS ne peuvent plus être traduits devant les conseils de guerre de l'armée mais relèvent uniquement du jugement de magistrats SS, désignés par le Führer sur proposition d'Himmler44.

D'après Georges H. Stein, la contribution des SS à cette campagne est « modeste mais non négligeable » ; les lourdes pertes enregistrées sont imputées, par la Wehrmacht, à l'insuffisance de la formation des officiers SS45.

Lors de la campagne de France, la Waffen-SS, officiellement reconnue en tant que telle par l'OKW depuis le 8 mars 194046 aligne trois divisions et demie contre 157 pour l'armée. Contrairement à une légende tenace, les divisions de la Waffen-SS ne disposent pas du meilleur matériel, comme les canons d'assaut, mais elles ont l'avantage d'être entièrement motorisées. Elles doivent une partie de leur armement aux manœuvres de l'Oberführer Gärtner, qui agit en matière d'équipement comme Gottlob Berger pour le recrutement. Pour passer outre aux réticences de l'OKW, il contourne les services de l'armée et échange, avec Fritz Todt, armes et munitions contre 20 000 travailleurs forcés polonais47. Un nouvel accord du même ordre est passé entre Heinrich Himmler et le successeur de Todt, Albert Speer en 1942 : en échange de main d'œuvre en provenance des camps de concentration, la SS peut disposer de 5 à 8 % de la production des usines d'armement48.

Si la Waffen-SS subit de lourdes pertes, notamment en raison des déficiences de commandement de Theodor Eicke à la tête de la division Totenkopf, pour qui « les pertes n'ont aucune importance »49, elle ne participe à aucune action décisive. Comme en Pologne, elle se fait remarquer par sa cruauté, notamment en assassinant près de deux cents prisonniers de guerre britanniques en France, au Paradis, près de Béthune, puis à Wormhout (Massacre de Wormhout).

Soldat de la Waffen-SS mort au combat.

Le 22 juin 1941, cinq divisions de la Waffen-SS prennent part à l'invasion de l'Union Soviétique. Entièrement motorisées, elles ne disposent pas de blindés. Comme en France, le manque d'expérience et les carences de commandement se font sentir : en Finlande, en septembre 1941, deux régiments de la division Totenkopf s'enfuient devant une attaque soviétique50 ; toujours sous le commandement de Eicke, totalement opposé à la formation plus classique de Hausser, la division Totenkopf est saignée à blanc : sur ses 17 000 soldats au début de l'offensive, 12 000 sont hors de combat en mars 194251.

En 1941-1942, la Waffen-SS ne se distingue pas particulièrement des unités régulières, sauf par sa brutalité. Ses performances et ses pertes sont comparables à celles de la Wehrmacht.

En 1942, les divisions Leibstandarte Adolf Hitler, Das Reich, Totenkopf et Wiking sont transformées en divisions blindées et dotées du meilleur matériel. Elles se révèlent particulièrement utiles et combatives jusqu’à la fin du conflit, en participant à la plupart des engagements majeurs. Par contre, les divisions Polizei et Prinz Eugen ne sont quasiment engagées que dans la lutte contre les partisans. En raison de son mauvais équipement, cette dernière est considérée comme une affectation punitive.
Sous le commandement de Paul Hausser, les divisions Leibstandarte Adolf Hitler, Das Reich et Totenkopf participent à la tentative avortée de dégager Stalingrad de l'encerclement russe, en décembre 194252. Ce même corps blindé prend une part active aux contre-offensives allemandes de février et mars 1943 et à la reconquête de Kharkov, puis à la bataille de Koursk52. C'est à cette époque que la Waffen-SS acquiert la réputation de « pompier du front ».

Fin 1943 et début 1944, les divisions blindées de la Waffen-SS sont sur tous les points chauds du front de l'Est. En février 1944, la division Wiking et la brigade Wallonie brisent leur encerclement par l'armée rouge à Tcherkassy, épaulées par la Leibstandarte Adolf Hitler52 ; en avril 1944, le deuxième corps blindé SS, venu de France, dégage les troupes coincées par les russes à Kamenz-Poldosk52. De tels faits d'armes sont également accomplis par des unités de la Wehrmacht, dont certaines divisions comme la Grossdeutschland, disposent de l'équipement le plus performant comme le char Panther ou le chasseur de chars Elefant. « Pendant les deux dernières années du conflit, les divisions [blindées] de la Waffen SS ralentirent fréquemment et arrêtèrent souvent d'une façon temporaire l'avance inexorable des Soviétiques »53. Sur un plan plus général, comme en 1941, les réussites et les échecs de la Waffen-SS sont du même ordre que ceux de l'armée ; comme en 1941 encore, elle se distingue par le nombre de ses crimes de guerre et par le fanatisme de la majeure partie de ses troupes.

KönigsTiger, à La Gleize.

Durant la bataille de Normandie, la Waffen SS constitue l'ossature de la défense allemande, avec les divisions Leibstandarte Adolf Hitler, Das Reich, Hitlerjugend, Götz von Berlichingen, Hohenstaufen et Frundsberg54. Ces deux dernières divisions bloquent les parachutistes anglais et polonais à Arnhem, au cours de l'opération Market Garden, aux Pays-Bas, en septembre 1944. Lors de cette bataille, le commandant de la division Hohenstauffen, Wilhelm Bittrich accorde une trêve de deux heures aux parachutistes anglais pour permettre l'évacuation de 2 000 blessés, qu'il fait soigner dans les hôpitaux militaires allemands55.

Avec ses quatre divisions, notamment dotées de Panzerkampfwagen VI Königstiger, la VIe armée blindée SS est le fer de lance de la bataille des Ardennes déclenchée le 16 décembre 194456.

Après les Ardennes, Hitler envoie les formations de la Waffen SS en Hongrie, pour secourir les troupes prises au piège dans Budapest par l'armée rouge57. Les tentatives de dégagement des divisions Totenkopf et Wiking échouent.
C'est encore à la Waffen-SS que Hitler confie, en mars 1945, sa dernière « offensive miracle », l'opération Frühlingserwachen (« L'éveil du printemps »), visant à écraser les forces russes près du lac Balaton57. L'opération, totalement chimérique, échoue elle aussi après une percée de moins de vingt kilomètres : impuissante face aux contre-attaques soviétiques, la Waffen-SS fait retraite, malgré les ordres formels de Hitler.

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